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 OPERER LE CERVEAU AVEC LE MALADE EVEILLE

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MessageSujet: OPERER LE CERVEAU AVEC LE MALADE EVEILLE   Mer 24 Mar - 10:37

Mots clés : santé, cerveau, médecinPar Sandrine Cabut

23/03/2010 | Mise à jour : 19:10 Réagir


Le cerveau du patient est stimulé par des tests (langage, calcul).
Le chirurgien, opérant de l'autre côté de la cloison, peut ainsi intervenir sans
provoquer de lésions irréversibles. Crédits photo : DR

« Le Figaro » a assisté à une intervention où le patient collabore avec le
chirurgien en guidant ses gestes.



«Tout va bien, Gaël (1) ? Vous êtes en salle d'opération. Prenez encore cinq
minutes pour vous réveiller puis nous allons vous faire travailler.» Assis
derrière son patient, dont il a largement ouvert la boite crânienne, mettant
ainsi à nu une partie du cerveau, le Pr Hugues Duffau parle posément. Quelques
minutes plus tôt, en pleine intervention, le neurochirurgien avait demandé à
l'anesthésiste de réveiller le jeune homme. Dans cette phase, sa collaboration
va être essentielle pour guider le geste chirurgical. À première vue, la scène
paraît hallucinante. Il s'agit en fait d'une opération de «chirurgie éveillée»,
une tech­­nique innovante de neu­rochirurgie dont le Pr Duffau est l'un des
spécialistes mondiaux.
Gaël est atteint d'un gliome de bas grade, une tumeur cérébrale non maligne
mais très mal placée : elle infiltre le lobe temporal gauche, une zone
considérée comme cruciale pour le langage. Sans intervention, cette tumeur (qui
s'est déjà révélée par une crise d'épilepsie) risque à terme de dégénérer en
cancer. Mais son ablation peut induire des troubles du langage… Les premiers
neurochirurgiens consultés avaient refusé d'opérer Gaël. Pour le Pr Duffau, le
défi consiste donc à enlever le plus possible de tissu malade tout en préservant
la qualité de vie de son patient, jeune et actif.
«Nous avons tous un cerveau différent. Quand des lésions évoluent lentement,
le cerveau se réorganise. Les données anatomiques ne suffisent pas, celles de
l'imagerie fonctionnelle non plus», justifie le neurochirurgien, en soulignant
l'importance des réseaux de connexion entre les neurones. Le principe, simple
mais révolutionnaire, de la chirurgie éveillée est de s'appuyer sur une
cartographie à la fois anatomique et fonctionnelle du cerveau en temps réel,
avec des tests (calcul mental, langage…) effectués pendant l'opération.
Couché sur le côté, Gaël regarde avec attention l'écran d'ordinateur sur
lequel l'orthophoniste fait défiler des images. «Ceci est un chien, ceci est une
poire, ceci est un accordéon…» énumère-t-il d'une voix d'abord pâteuse, puis de
plus en plus claire, parfaitement concentré. De l'autre côté du champ
opératoire, toujours d'un calme olympien, le neurochirurgien prend ses repères.
Muni d'une petite sonde, qui envoie un courant de faible intensité, il stimule
la surface du cortex point par point. En induisant des perturbations
transitoires, cette technique permet de détecter en temps réel les régions
«cruciales» qu'il faut préserver à tout prix. Quand Gaël commence à buter sur un
mot, ou que son débit se ralentit, le Pr Duffau s'arrête, et pose une
mini-étiquette (stérile) à même le cerveau sur la zone correspondante, pour ne
plus y toucher. Malgré quelques maux de tête, ce patient motivé va pleinement
coopérer pendant toute la durée des tests, soit plus d'une heure ! Il est
ensuite rendormi pour la fin de l'intervention. Au final, après cinq heures
d'opération, un morceau de cerveau de la taille d'une orange a été enlevé, mais
à son réveil, Gaël ne souffrira pas de troubles de la parole. Les limites de
l'exérèse ont été dictées par le respect des fonctions cérébrales davantage que
par les frontières physiques de la tumeur.
Plasticité cérébrale



Depuis une quinzaine d'années, d'abord à Paris puis désormais au CHU de
Montpellier, le Pr Duffau a ainsi opéré 350 malades, dont beaucoup avaient été
récusés par ses confrères, avec un taux de séquelles permanentes très faible
(moins de 1 %). «Contrairement à ce que l'on apprend dans les livres, il est
possible d'exciser des volumes massifs dans des aires cérébrales considérées
comme éloquentes, sans créer aucun déficit», insiste-t-il. Pratiquée par
quelques équipes dans le monde, cette technique, née aux États-Unis, est
proposée dans certaines épilepsies, et avant tout pour des gliomes de bas grade.
Dans ces tumeurs particulières, qui touchent 700 à 800 personnes par an en
France, en général des adultes jeunes, le cerveau a le temps de se réorganiser
profondément, contrairement à ce qui passe en cas d'attaque cérébrale, où le
déficit s'installe brutalement. Cette plasticité cérébrale permet d'ailleurs au
Pr Duffau de pouvoir intervenir plusieurs fois chez un même patient. «Quand on
réopère, on voit des modifications de la cartographie cérébrale, ce qui est la
preuve absolue de la plasticité», explique-t-il. Après l'opération, la
réorganisation cérébrale est aussi stimulée par une rééducation précoce et
intensive.
Selon le Pr Duffau, il reste encore beaucoup à faire pour finir de décrypter
le fonctionnement du cerveau in vivo. Des dizaines de collaborations sont en
cours avec des chercheurs français et étrangers. Un programme est ainsi initié
avec l'équipe de François Bonnetblanc, du CHU de Dijon, afin de définir les
tests les plus pertinents pour évaluer la motricité pendant l'intervention.
«Beaucoup a été fait sur le plan cognitif, mais il n'y avait pas grand-chose
pour la motricité, peut-être en raison des contraintes au bloc opératoire»,
explique le jeune chercheur. Bien sûr, il n'est pas question de faire réaliser
aux patients de grands mouvements pendant qu'ils sont sur le billard. Les
épreuves porteront plutôt sur des mouvements fins de pointage, de saisie d'un
objet… À terme, le Pr Duffau aimerait même développer des tests pour préserver
les fonctions émotionnelles et comportementales. Un pas de plus, presque
philosophique, vers le respect de la qualité de vie.
(1) Le prénom a été changé.

source LE FIGARO

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MessageSujet: Re: OPERER LE CERVEAU AVEC LE MALADE EVEILLE   Mer 31 Mar - 22:38

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ilona_sun
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MessageSujet: Re: OPERER LE CERVEAU AVEC LE MALADE EVEILLE   Mer 31 Mar - 23:33

Super intéressant, merci.

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MessageSujet: Re: OPERER LE CERVEAU AVEC LE MALADE EVEILLE   

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